La pollution de l’air à l’intérieur des maisons

La pollution d'origine humaine

La pollution atmosphérique ne se limite pas à l'extérieur : elle englobe également la pollution à l'intérieur des locaux, dans lesquels nous passons la majorité de notre temps. Des études ont en effet montré que la qualité de l'air est parfois plus mauvaise à l'intérieur qu'à l'extérieur et qu'une majorité d'affections respiratoires trouvent leur origine... chez soi ! Ce phénomène a été amplifié ces dernières années par l'utilisation croissante de matériaux synthétiques et de produits chimiques à usage domestique ; en outre, certaines communications sur les économies d'énergie n'ont pas suffisamment expliqué en corollaire la nécessité de la ventilation. L'air extérieur, le sol, les matériaux et produits de construction, les équipements et aménagements, mais également le type d'occupation des locaux et les activités humaines sont susceptibles de polluer l'air intérieur.

Les pneumallergènes

L'amélioration de certains aspects du confort dans l'habitat, thermique en particulier, ont conduit à des conditions favorables à la prolifération d'organismes vivants indésirables : les acariens, les blattes, les moisissures. Ils sont responsables de maladies allergiques de 15 à 20 % de la population, ce qui nécessite une hygiène de vie et de l'habitat, surtout dans les familles prédisposées.

Les acariens

Le rôle des acariens dans la genèse et la sévérité de l'asthme est maintenant bien établi. Ces petits arachnides dont la taille est de l'ordre du quart de millimètre se nourrissent de débris de peau et de matière végétale. Leur multiplication est optimale entre 20°C et 28°C. Ils apprécient l'humidité et l'obscurité.
Nous ne sommes pas tant allergiques aux acariens qu'à leurs déjections et leurs débris accumulés sur les canapés, tapis, moquettes et surtout sur les matelas qui sont leurs habitats préférés. ²

Les animaux familiers

Leurs poils véhiculent des protéines provenant des débris de peau, de salive qui peuvent déclencher des crises chez l'asthmatique. Ces protéines sont particulièrement allergisantes chez le chat, le chien, le hamster, le cobaye, la souris...

Les blattes

Appelées aussi cafards, elles se plaisent dans les lieux sombres et humides et sont friandes de denrées alimentaires. Elles colonisent les cuisines, les réserves alimentaires, les gaines de vide-ordure et se cachent le jour dans les placards, les fentes des murs, sous les tapisseries, les moquettes. Elles véhiculent des allergènes et près de 5 % de la population y sont sensibles

Les moisissures

La diminution d'apports en air neuf, un excès d'humidité (fuite, infiltration d'eau, sèche-linge à évacuation...) peuvent engendrer des problèmes d'humidité dans les locaux et favoriser le développement de moisissures (tâches sur les murs ou les papiers peints), souvent à l'origine d'allergies respiratoires. Elles peuvent se développer à partir de poussières, bois, papier, tissus, climatiseurs, plantes d'intérieur...

Les autres polluants chimiques

Le tabac

La fumée de tabac reste la principale nuisance dans les locaux. Si les consommateurs de tabac portent gravement préjudice à leur santé, ils enfument leur environnement proche et sont responsables de la première source de pollution dans l'habitat. Plus de 3 000 substances ont été identifiées dans la fumée de tabac dont la nicotine responsable de l'accoutumance, les goudrons responsables des cancers et le monoxyde de carbone.
On a pu établir chez des enfants vivant au contact de fumeurs, une augmentation des maladies respiratoires (asthme, infections, effet sur la croissance du poumon...). La fumée de tabac favorise l'apparition de l'asthme et augmente la fréquence et la gravité des crises

Le monoxyde de carbone

C'est un gaz très toxique qui, lorsqu'il est inhalé, se substitue à l'oxygène transporté dans le sang. La carence en oxygène provoque des intoxications plus ou moins graves, parfois mortelles. A ne pas confondre avec le gaz carbonique, l'intoxication domestique par le monoxyde de carbone constitue la première cause de mortalité par toxicité aiguë en France (entre 100 et 400 décès annuels). Le CO est produit lors d'une combustion incomplète, quel que soit le combustible utilisé (charbon, bois, gaz, fioul...).
On le trouve à l'intérieur des locaux lorsque l'évacuation des gaz brûlés est mauvaise à cause de l'obturation des conduits de fumée, de l'utilisation d'appareils (chauffe-bain, poêles, chaudières, convecteur à pétrole...) mal entretenus ou vétustes, d'un manque de renouvellement d'air du fait par exemple, de grilles d'aération bouchées...
Pour prévenir une telle intoxication, il faut :
- un entretien et un contrôle par des professionnels des appareils de chauffage et chauffe-eau
- une bonne ventilation permanente des locaux où sont installés ces appareils.
Les convecteurs à pétrole, notamment, ne sont que des appareils de chauffage d'appoint qui ne doivent pas être utilisés en permanence.

Les composés organiques volatils

On les suspecte de favoriser ou d'aggraver l'allergie respiratoire ou l'asthme, en raison de leur caractère irritant.
Mais peu de composés de cette famille, à l'exception du formaldéhyde et du benzène, ont fait l'objet d'études importantes. Ils ont, à court terme, des effets sensoriels (irritation des yeux, de la gorge) et pulmonaires.
A long terme, certains sont cancérigènes (benzène) ou suspectés de l'être (formaldéhyde). On a identifié dans l'air des habitats plusieurs centaines de ces substances.
Ces émissions proviennent :
- des matériaux utilisés pour la construction, l'ameublement ou la décoration (mousse isolant, bois aggloméré) ;
- des produits aérosol à usage domestique pour les soins corporels ou d'entretien des locaux
- des produits de bricolage (les peintures et solvants, les colles et vernis, les produits de protection du bois) par leur utilisation et par le stockage ensuite, lorsque les contenants ne sont plus étanches

La prévention

donc important de diminuer le nombre d'allergènes et de polluants dans l'environnement.
Quelques règles s'imposent :
- Lutter contre les acariens implique de modifier la conception du confort (absence de moquettes épaisses, de doubles rideaux, préférence pour les fibres synthétiques, lits aérés dans une pièce ensoleillée, housses sur les matelas et les oreillers, ...).
- Lutter contre l'humidité par une aération suffisante en respectant les règles de ventilation ; dans les logements trop petits, mal ventilés, les occupants trop nombreux, les plantes, les animaux familiers constituent aussi des sources d'humidité importante.
- Lutter contre les moisissures par un nettoyage des bouches d'aération et de ventilation.
- Utiliser rationnellement les produits de nettoyage et de bricolage en aérant les pièces pendant leur utilisation et même parfois les jours qui suivent.

 
 

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